Portrait éditeur IDF 4

  • Anne ZWEIBAUM et Éric CEZ - éditeurs indépendants
    Portrait d’éditeurs indépendants en Île-de-France

    02 mars 2017


    5 QUESTIONS à Anne ZWEIBAUM et Éric CEZ, créateurs des éditions Loco (www.editionsloco.com)


    Julie VEDIE : Qui êtes-vous ?
    Anne ZWEIBAUM : dans une vie antérieure, j’ai travaillé dans le théâtre et le cinéma comme assistante de réalisation. Et puis la précarité de l’intermittence ne me convenait pas... J’ai commencé dans l’édition un peu par hasard : je voulais devenir journaliste, et les formations que j’envisageais étaient toutes pleines. Dans le même centre étaient proposées des formations d’éditeur, qui m’ont fait découvrir un vrai métier. J’ai décroché quelques stages - Textuel, les éditions du Terrail où j’ai rencontré Éric... - en particulier dans le domaine des « beaux livres ». Le livre illustré a été une vraie découverte pour moi !
    Éric CEZ : j’ai suivi une formation en Histoire de l’art, et j’ai travaillé dans ce milieu comme assistant dans une galerie, à organiser des expositions notamment. Je m’intéressais beaucoup à la photographie, et mes premiers pas d’éditeur ont été dans cette spécialité, avec la préparation de projets d’édition avec des photographes. C’était une époque où il suffisait presque de pousser la porte (rires) ! J’ai travaillé pendant quinze ans aux éditions Marval, avec Jacqueline Salmon. J’ai remonté toute la chaîne, jusqu’à devenir directeur d’édition.


    J. V. : Comment sont nées les éditions Loco et quelles sont les caractéristiques de votre maison d’édition ?
    E.C. : Avant Loco, nous avons créé l’Atelier d’édition grâce auquel on faisait des livres pour les maisons d’éditions : on lançait l’idée du projet éditorial, et ils nous l’achetaient clé en main. Il fallait souvent travailler très rapidement, et on ciblait des projets ambitieux qui pouvaient intéresser les grosses maisons qui attendent souvent des idées de l’extérieur. Nous gérons le projet de A à Z, ils n’ont que la facture à payer, et tout le monde s’y retrouve.
    A.Z. : Ça peut être de la maquette, ou du suivi d’auteur ou de la fabrication : on est multi-casquettes ! Et puis nos projets devenaient de plus en plus pointus, difficiles à vendre à des maisons d’édition, c’est pourquoi nous avons créé Loco. Le nom nous est d’ailleurs venu de façon assez stupide, puisque nous cherchions des « locaux », ça devenait une obsession, le nom s’est imposé, avec sa bonne sonorité, et le fait que ça signifie « fou » en espagnol ! C’est comme ça que Loco est né il y a cinq ans, avec la volonté de faire de chaque livre un beau livre, un livre-objet, en particulier autour de la photo et du récit. Nous publions une quinzaine de titres par an, ce qui nous fait 60 ouvrages au catalogue.


    J. V. : Comment travaille un éditeur indépendant en Île-de-France ?
    E.C. : Il y a beaucoup de concurrence, que ce soit des petits éditeurs comme nous ou des plus gros. On fait régulièrement des partenariats pour faire le poids face aux libraires.
    A.Z. : C’est tendu en permanence, mais on mesure la chance qu’on a de publier exactement ce que l’on veut. On a ce lieu depuis un an, qui nous permet aussi d’organiser des événements, des expos... Et de renouer avec la tradition du XIXe siècle du libraire-éditeur !


    J. V. : Qu’allez-vous proposer pendant le Salon ?
    A.Z. : C’est notre 3e fois sur le stand Île-de-France au Salon Livre Paris. L’événement est une excellente vitrine, même si les visiteurs ne sont pas vraiment notre cœur de cible. Le Salon est finalement une grande librairie avec des millions de livres. Mais même si on ne vend pas beaucoup, y être est très important ! Et on rencontre nos confrères et amis, c’est un bon moment de communication pour tout éditeur indépendant.
    E.C. : Cette année, notre temps fort sera le lancement d’une collection avec l’aide de la Région, des livres-photos qui mettent en valeur les images du fonds Inventaire et patrimoine.
    A.Z. : On présentera bien sûr nos dernières publications, et nos best-sellers.


    J. V. : Quel ouvrage ou personnage du monde du livre vous a inspiré pour devenir éditeurs indépendants ?
    A.Z. : Pour moi c’est le livre tout court, que j’envisage comme un objet. Un de mes préférés est un ouvrage qui s’appelle Le temps du thé, aux éditions Marval, un livre qui a une forme autre qu’un simple livre, et aussi du fond.
    E.C. : Pour moi c’est Yves-Marie Marchand, le créateur des éditions Marval justement ! Un éditeur à l’ancienne, et mon mentor, installé place Saint-Sulpice, un mythe de l’édition, mais représentant également la fin d’une époque. J’ai senti comme une filiation entre nous, presque une passation, qui m’a motivé à me lancer.

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