Portrait éditeur IDF 5

  • Benoît LAUREAU et Aurélien BLANCHARD - éditeurs indépendants
    Portrait d’éditeurs indépendants en Île-de-France

    02 mars 2017


    5 questions à Benoît LAUREAU et Aurélien BLANCHARD, , créateurs des éditions de l’Ogre (www.editionsdelogre.fr)


    Julie VEDIE : Qui êtes-vous ?
    Aurélien BLANCHARD : J’ai fait des études de philo. Après deux échecs à l’agrégation, je ne savais pas quoi faire, travailler dans l’édition avait toujours été une option. Je me suis d’abord fait jeter de chez les libraires car je n’avais pas les diplômes requis. J’ai eu ma chance lors d’un stage aux éditions Zulma, avant de travailler aux éditions Amsterdam pendant cinq ans : je me suis très bien entendu avec l’éditeur et nous avons créé une revue. J’ai ensuite l’opportunité de monter une boîte de jeux vidéo, puis j’ai été traducteur...
    Benoît LAUREAU : J’ai étudié le droit, puis passé l’examen du barreau pour travailler dans la fiscalité internationale : au bout d’un an, j’ai réalisé que je n’étais pas fait pour ça, que j’évoluais dans un milieu où tout le monde ne pensait qu’à l’argent, pour finalement réaliser que dans la vie je ne voulais pas spécialement être riche (rires). J’ai voyagé en Patagonie, en me demandant ce que j’allais faire ensuite. J’ai rencontré Aurélien lors d’un stage aux éditions Amsterdam, où j’ai appris sur le tas la PAO et les méthodes de fabrication des livres. Mais quant à monter une maison d’édition, je n’y connaissais rien, en dehors du fait d’être un grand lecteur. J’ai eu l’opportunité de participer à la revue La Quinzaine littéraire, où je suis devenu critique littéraire.


    J. V. : Comment sont nées les éditions de l’Ogre et quelles sont les caractéristiques de votre maison d’édition ?
    B.L. : On a une proposition d’un investisseur pour nous aider à démarrer. On a réfléchi trois mois et on s’est lancé, en mars 2013. On ne savait même pas si on aimait les mêmes livres !
    A.B. : On avait quand même des « livres communs » : Aventures dans l’irréalité immédiate de Max Blecher, un socle solide, ainsi que L’Homme sans qualités de Robert Musil sur lequel j’ai rédigé mon mémoire. Ces goûts communs ont formé le point de départ de notre ligne éditoriale : nous publions des romans sur une réalité qu’on ne peut plus nommer, une réalité sur le fil dans laquelle tout peut basculer. C’est la langue qui est la plus importante pour exprimer cette tension !
    B.L. : On a publié pour l’instant 17 romans, avec beaucoup de diversité, même si pour l’instant on nous connaît surtout pour le côté jeunes auteurs français. On va chercher certains auteurs, on reçoit des manuscrits, on en traduit, et on a également deux rééditions. On a beaucoup travaillé sur la charte graphique, on soigne les différences typographiques d’un auteur à l’autre, on aime les à-plats, les monochromes très graphiques.


    J. V. : Comment travaille un éditeur indépendant en Île-de-France ?
    B.L. : Nous avons cette chance d’être deux ! J’ai personnellement besoin de la stimulation d’un esprit adverse. Avec Aurélien nous sommes complémentaires à de nombreux niveaux : on fait tout à deux, chaque ouvrage est relu quatre fois minimum.
    A.B. : Et puis on prend le temps. Nos problèmes ne sont que matériels, sinon notre situation est très confortable, c’est un luxe de ne rien s’interdire. On ne se met pas dans une case, on ne représente rien et tant mieux ! Notre combat c’est livre par livre. Il existe aujourd’hui en France une très intéressante communauté d’auteurs, il se passe quelque chose. Et c’est très gratifiant de travailler avec eux.


    J. V. : Qu’allez-vous proposer pendant le Salon ?
    A.B. : On apporte nos 17 bouquins ! L’ambiance sur le stand Île-de-France est très chouette. Le but est de vendre, mais aussi de rencontrer d’autres éditeurs, de connaître leurs projets...
    B.L. : On va développer notre fibre commerciale (rires), et entrer en contact direct avec le lecteur. Cette année, on peut enfin présenter un catalogue. Et nous participons également à une table ronde sur les jeunes éditeurs*.


    J. V. : Quel personnage du monde la littérature ou de l’édition vous a inspiré pour devenir éditeur indépendant ?
    A.B. : Arsène Lupin ! J’ai commencé à lire avec ce héros, et j’adorerais éditer Maurice Leblanc !
    B.L. : Pour moi c’est Maurice Nadeau, grande figure de l’édition française du XXe, à qui on doit l’édition, et parfois la découverte, d’auteurs importants à mon sens, justement comme Max Blecher. C’est vraiment avec lui que j’ai compris ce qu’impliquait le métier d’éditeur...


    *samedi 25 mars, de 14h à 15h, table ronde Nouvelle génération sur le stand de la Région Île-de-France

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